Le statut d’indépendant s’est considérablement développé ces dernières années.

Le désir de liberté et la crise sanitaire passant par là y sont sans doute pour quelque chose.

Combien de salariés ne supportent plus d’avoir une hiérarchie, des horaires, des contraintes qu’ils ne choisissent pas ?

Être à son compte est devenu, aujourd’hui, une approche du travail beaucoup plus attractive ; on est son propre patron, on ne doit rendre de comptes qu’à soi même, on choisit ses horaires et ses clients… Bref, un mode de travail qui s’adapte davantage à chacun et sans doute beaucoup plus motivant que le salariat.

Se lancer dans l’entrepreneuriat est bien sûr synonyme d’indépendance mais cela demande en échange une certaine exigence et une rigueur de travail qui ne sont pas des moindres.

Et pour commencer, il faut faire preuve d’une bonne dose d’organisation.

Se lancer tête baissée sans définir en amont les différentes étapes risque de vous faire louper des points très importants dans la création de votre projet et par là même, vous faire perdre du temps.

C’est pourquoi je vous donne, dans cet article, quelques étapes et conseils afin de vous aider à y voir plus clair.

1/ Effectuer les démarches administratives

L’idée de vous lancer en indépendant a fini par faire son chemin et vous savez maintenant quelle activité vous souhaitez développer, vous avez déjà fait votre business plan, il faut désormais penser au statut juridique de votre future entreprise :

Choisir la micro-entreprise

En général, on choisit pour commencer la micro-entreprise, vous bénéficiez ainsi d’une simplification des démarches et pouvez vous inscrire très rapidement en ligne, en quelques clics.

Vous devrez, pour la déclaration et les paiements de vos charges sociales, opter entre la déclaration mensuelle ou trimestrielle.
En tant qu’indépendant, vous serez, généralement, en activité libérale.

Notez, par contre, qu’en micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos frais et que votre CA est plafonné, vous serez cependant affranchi de la TVA. Le choix de ce statut est donc à bien réfléchir, surtout si votre CA est élevé dès le début de votre activité ou que vous avez beaucoup de frais.

Selon certaines conditions, vous pourrez bénéficier de l’Acre, qui est un dispositif d’allègement des charges sociales les premières années de création de votre entreprise.
En micro-entreprise, sachez que vous pourrez continuer à percevoir vos allocations chômage ou le RSA selon votre CA.

Pensez également que vous devrez payer, à partir de la 2ème année suivant la création de votre entreprise et si votre CA dépasse 5000€ annuel, la Contribution Foncière des Entreprises ou CFE, chaque année.

En tant que micro-entrepreneur, vous devez ouvrir un compte bancaire dédié spécialement à votre activité.
Faites attention, certaines banques peu scrupuleuses vous obligent à ouvrir un compte professionnel. Ce n’est pas du tout une obligation, un simple compte, différent de votre compte personnel, suffit amplement.

Concernant vos impôts, en activité libérale, vous aurez directement un abattement de 34%, lié au fait que vous ne pouvez rien déduire.
Vous devez opter, ou pas, pour le prélèvement libératoire. Je vous conseille de ne pas le faire si vous n’êtes pas imposable, vous vous retrouveriez à payer des impôts alors que vous n’êtes pas redevable.

En alternative et au début, vous pouvez aussi passer par une couveuse d’entreprises qui vous aidera dans toutes ces démarches administratives.

Choisir le portage salarial

Si l’idée de créer votre entreprise et toutes ces obligations vous font un peu peur pour commencer, vous pouvez également opter pour le portage salarial.
Cela vous permettra de vous lancer sans avoir les contraintes administratives de l’indépendant tout en bénéficiant d’une couverture sociale.
L’inconvénient de ce statut est qu’il coûte assez cher au niveau des charges et coûts, c’est pourquoi il peut être un bon tremplin pour débuter mais pas sur le long terme.

Maintenant que l’épreuve fastidieuse de la « paperasse » est passée, il va falloir vous concentrer sur le cœur même de votre activité.

2/ Définir votre projet de façon précise

Et pour commencer, vous devez définir clairement votre activité et la façon dont vous l’envisagez (votre positionnement), je vous conseille, déjà, d’aller lire l’article sur le personal branding et ensuite de vous poser ces questions :

Quel est votre domaine d’expertise ?

Il vaut mieux vous positionner sur un domaine dans lequel vous êtes expert plutôt que de proposer plusieurs services que vous ne maîtrisez pas complètement. Vos clients apprécieront et votre réputation ne pourra qu’en bénéficier.

Quelles sont vos valeurs ?

L’émotionnel est importante dans la relation entre un prestataire et un client.
La plupart des personnes choisissent un prestataire en fonction du lien émotionnel, du feeling qui s’est créé entre eux.
C’est pourquoi il est important de définir vos valeurs afin de communiquer de façon alignée.

Quels sont vos services ?

Toujours dans l’idée de ne pas trop vous éparpiller au début, vous pouvez commencer par proposer 1 ou 2 services puis en ajouter d’autres en fonction de la croissance de votre entreprise. Le mieux est de développer un service au maximum de son potentiel plutôt que plusieurs sans valeur ajoutée.

Quelle est votre proposition de valeur ?

Vous devez avoir et mettre en avant votre proposition de valeur, votre valeur ajoutée, c’est à dire ce que vous pouvez apporter en plus à vos clients, ce qui vous distingue de vos concurrents.
Je vous conseille une fois de plus de lire l’article sur le personal branding.

Quel est votre client idéal ?

Votre client idéal est la personne avec laquelle vous adorez travailler.
Faire son portrait de façon assez approfondie et exhaustive vous permettra d’adapter votre discours à cette personne de façon la plus efficace possible.

Quels sont vos tarifs ?

Il est important de fixer vos tarifs ainsi que votre méthode de calcul (taux horaire, forfait etc.) dès le début.
Évitez de vous dévaluer et pensez vos tarifs de façon cohérente par rapport au marché du travail et à votre vision.

Une fois que vous avez clairement défini votre projet, vous allez pouvoir le mettre en forme.

3/ Créer votre marque, votre identité

Afin d’être cohérent avec votre projet, vous devez mettre en place plusieurs éléments :

Définir votre marque

Pour présenter votre activité, vous devez réfléchir à un nom pour votre entreprise, qui sera peut être aussi celui du nom de domaine de votre site internet. C’est une étape importante car ce sera plutôt compliqué de revenir dessus une fois que vous l’aurez acheté et fait votre référencement en fonction de celui-ci. Prenez donc le temps et vérifiez qu’il ne soit pas déposé par quelqu’un d’autre.

Créer votre identité visuelle

Votre identité visuelle c’est tout ce qui définit votre activité « visuellement ». Cela correspond à votre logo et plus globalement, à votre charte graphique (typos, couleurs etc.).
Il faut que cette identité visuelle soit cohérente avec votre activité et votre message.

Créer votre site internet

La plupart des personnes font, aujourd’hui, une recherche sur internet pour trouver ce qu’ils veulent ou du moins, s’ils le savent déjà pour s’en faire une idée.
Un site web est donc indispensable si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté.
Le problème est que ça peut vite coûter cher surtout si vous faites appel à un prestataire. Le mieux est encore de le faire vous même mais cela demande du temps et vous pouvez vite être limité.
C’est pourquoi la meilleure solution reste encore de suivre une formation qui vous permettra de gagner du temps et d’avoir un site professionnel.
( Je prêche pour ma paroisse là 😉 )

Décliner sur supports papier

Bien que la communication se fasse beaucoup sur le web, le support papier n’a pour autant pas disparu. Cartes de visite et flyers restent essentiels pour vous présenter lors d’événements. Ces supports doivent être cohérents avec votre identité visuelle.

Vos supports de communication sont créés, il va maintenant falloir vous faire connaître.

4/ Développer votre réseau professionnel

Faire jouer le bouche à oreille

La 1ère chose pour commencer à se faire connaître lorsqu’on n’a pas encore vraiment de réseau, c’est de faire jouer son entourage et les amis de ses amis.
Une fois que vous aurez vos 1ers clients, n’hésitez pas à leur demander de parler de vous et même de laisser leur avis sur Google.
D’ailleurs, à ce propos, pensez à inscrire votre établissement sur Google My Business.
Quand on sait que la plupart des internautes se fient aux avis pour acheter un produit ou une prestation, ce serait dommage de s’en priver.

Développer votre visibilité sur le web

Vous avez créé votre site internet, vous en êtes satisfait. Il faut maintenant qu’il soit visible facilement en le faisant grimper dans les moteurs de recherche dont le populaire Google.
C’est ce qu’on appelle le référencement ou SEO.
Pour mettre en place votre stratégie SEO, je vous invite à lire cet article dans lequel je vous donne les bonnes pratiques pour un référencement efficace.
Pour maximiser vos chances de vous faire connaître, je vous conseille également de créer un blog avec des articles de qualité. C’est bon pour votre SEO et cela permet d’asseoir votre expertise auprès de vos futurs clients.
Et pour partager vos articles, rien de tel que les réseaux sociaux. Comme c’est assez chronophage, choisissez ceux qui vous correspondent le mieux et où se trouvent vos clients.

Aller dans les événements et les salons

Faites vous connaître en participant à des événements et salons qui regroupent d’autres entrepreneurs.
Souvent, des networking sont organisés pendant lesquels les entrepreneurs peuvent se présenter et échanger entre eux. Préparez vous un pitch avant d’y aller, histoire de ne pas vous laisser envahir par le trac ou la timidité une fois votre temps de parole arrivé.
Et surtout, pensez à distribuer vos cartes de visite et flyers.

S’inscrire sur des plateformes dédiées

Enfin, il existe une multitude de plateformes de mise en relation prestataire/ client sur lesquelles vous pouvez créer votre profil et trouver des clients.
En général, elles sont payantes mais cela peut être un bon moyen pour commencer.
Attention tout de même à celles qui payent au lance-pierre.

Et pour finir, voici mes derniers conseils :

Ne pensez plus en tant que salarié mais en tant qu’entrepreneur

Vous n’êtes plus salarié, vous n’avez donc pas à vous vendre pour obtenir un emploi mais à vous faire connaître pour que les clients viennent à vous.
Ce n’est pas la même posture psychologique.

Fixez-vous des objectifs

Quand on se retrouve seul pour se lancer, on peut vite se sentir submerger par tout le travail qu’il y a à faire.
Organisez vous et fixez vous des objectifs à court, moyen et long terme.
Vous pouvez, par exemple, vous fixer des objectifs à la semaine, au mois et à l’année.

Formez-vous tout le temps

Être indépendant, c’est aussi être multitâches et se tenir informé de ce qui se passe dans tous les domaines transversaux (administratif, juridique, web etc.).
Vous devez être au courant des évolutions dans votre activité mais aussi dans les autres domaines.
Si vous avez un site internet, par exemple, il faut vous tenir informé des dernières lois RGPD, des dernières mises à jour si vous utilisez WordPress etc… Bref, c’est une veille constante.

Luttez contre la solitude de l’indépendant

Vous travaillerez sans doute chez vous pour commencer.
Si vous vous rendez compte, qu’au final, vous vous sentez bien seul dans votre nouvelle activité et que ce n’est pas motivant pour vous, n’hésitez pas à trouver un espace de coworking dans lequel vous vous sentez bien.
Ce sera le moyen de partager avec d’autres indépendants mais aussi peut être l’occasion de trouver de nouveaux clients.

Cet article arrive à sa fin, j’espère qu’il vous aura permis d’avoir une vue plus globale et plus claire sur les différentes étapes pour vous lancer en tant qu’indépendant.
Et surtout, qu’il vous aura donné encore plus envie de vous plonger dans cette belle aventure de l’entrepreneuriat !